CLAIRE REVOL

Maître de conférence en aménagement, philosophe
Portrait de revolcl
Affiliation : 
Université Grenoble Alpes
Statut : 
Maîtresse de conférences
Domaines de recherche : 
Philosophie de l'urbain
Esthétique urbaine
Art urbain
Équipe de recherche : 
Bureau : 
1404

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Présentation

Je développe mon travail de recherche sur l’espace et le temps habité à partir de la philosophie et à l’interface des sciences du territoire (géographie et sociologie, disciplines de l’aménagement -architecture, urbanisme, paysage notamment), de l’anthropologie et des arts. Je défends une approche poétique de l’habiter dans un monde complexe marqué par les changements environnementaux globaux pour comprendre ce qui agit, ce qui est à l’œuvre, ce qui peut se transformer et se métamorphoser par l’action individuelle et collective. Mon travail de thèse s’intitule « la rythmanalyse chez Henri Lefebvre (1901-1991): contribution à une poétique urbaine » et procède à une lecture globale de l’œuvre de l’auteur pour comprendre les écrits sur la rythmanalyse non pas comme une méthodologie qualitative d’observation des rythmes et des temps mais comme une quête d’un espace-temps approprié à même de métamorphoser la société urbaine. La rythmanalyse peut ainsi se lire comme une utopie expérimentale.

Ce travail de thèse se poursuit dans plusieurs axes dans ma recherche :

– d’une part, ce qui a trait à l’esthétique et à la poétique urbaine : le rapport affectif de l’homme aux espaces et aux temps habités, le rapport au corps à l’espace, aux images et aux imaginaires. Les arts et les pratiques d’expérimentation nourrissent également ma réflexion sur les dimensions sensibles de l’habiter urbain (écriture, danse, etc.).

– d’autre part, les temporalités de l’habiter qui situent l’homme dans le présent à partir de ses projections dans le futur (utopie, prospective, innovation) et dans le passé (mémoire, patrimoine). Habiter le temps pose la question de l’aménagement comme un acte culturel.

Enfin, j’apporte une grande attention aux dispositifs collectifs qui permettent de construire des dialogues, des méthodologies qui font communiquer des univers différents, qui permettent d’élaborer des questionnements en commun. 

Titre de la thèse : 
La rythmanalyse chez Henri Lefebvre (1901-1991) : contribution à une poétique urbaine
Dates : 
octobre, 2009 - octobre, 2015
Directeur.s / Directrice.s extérieur.e.s : 
Jean-Jacques Wunenburger
Résumé de la thèse : 

Cette thèse propose d'explorer les textes que Henri Lefebvre (1901-1991) a consacré à un projet de connaissance des rythmes, une « rythmanalyse », terme qu'il emprunte à Gaston Bachelard, pour contribuer à ce que nous appelons une poétique urbaine. Henri Lefebvre a laissé une œuvre fondatrice dans les études urbaines contemporaines en théorisant l'avènement de la société urbaine moderne et en produisant une théorie critique de l'urbanisme et des espaces et des temps sociaux qui en résultent. Nous montrons que la théorie critique est solidaire d'une poétique issue du romantisme révolutionnaire de l'auteur, qu'il développe au contact de pratiques artistiques, notamment celles de l'Internationale Situationniste. À l'encontre de ce qu'il analyse comme le processus d'abstraction de l'espace et du temps urbain, la rythmanalyse fait partie de la quête d'un espace-temps approprié à même de métamorphoser la société urbaine et de restituer le corps total, afin que l'urbain devienne l’œuvre de l'homme. Lefebvre ne propose pas seulement une méthodologie qualitative d'observation des rythmes, mais une expérimentation rythmanalytique, dont nous pouvons imaginer la pratique sous la forme de l'utopie expérimentale. La rythmanalyse fournit ainsi les idées directrices d'une poétique appliquée, à même de créer des formes, des textures et des styles pour l'habiter urbain. Cette poétique urbaine, à la fois création et connaissance, procède par des pratiques expérimentales et restitue le jeu rythmique qui enrichit l'expérience esthétique de l'espace et du temps urbain.