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Recrutement / Régulations
Le 6 novembre 2026
Transformations du secteur électrique au Sénégal : Organisation industrielle et modèles économiques
Contexte et cadre scientifique
Le stage s’inscrit dans le cadre du projet ANR MARSE, qui interroge les processus de construction sociale, politique et économique des marchés de biens et services essentiels, en lien avec les Objectifs de développement durable (ODD). Sur le continent africain, les politiques publiques soutenues par les bailleurs internationaux visant à améliorer l’accès aux services essentiels s’appuient de manière croissante sur la participation du secteur privé et l’introduction de mécanismes de marché dans des secteurs historiquement organisés autour d’opérateurs publics. Ces politiques publiques visent à mobiliser de nouveaux financements, à réduire les coûts et à améliorer la qualité et la couverture des services, tout en soulevant des enjeux de régulation et de soutenabilité sociale. L’analyse porte sur deux secteurs emblématiques, l’eau et l’électricité, en privilégiant des terrains au Sénégal. En articulant les échelles internationale, nationale et locale, le projet MARSE analyse les recompositions des modalités de régulation de ces secteurs, ainsi que leurs conséquences sur les conditions d’accès aux services essentiels.
Le projet implique trois laboratoires français - LEREPS (Toulouse), PACTE (Grenoble) et CLERSE (Lille) ainsi que deux universités sénégalaises - UCAD (Dakar) et Université de Ziguinchor.
Le consortium dans son ensemble soutient une approche pluridisciplinaire au croisement de la sociologie économique, des approches institutionnalistes en économie, de la sociologie de l’action publique et de l’aménagement.
Missions proposées
Le stage aura pour objectif principal d’analyser les transformations de l’organisation industrielle du secteur électrique au Sénégal, en s’intéressant plus particulièrement à l’évolution du modèle économique et organisationnel de l’opérateur national historique (Senelec). Dans un contexte de développement de la production indépendante d’électricité (IPP), d’ouverture de certains segments de distribution aux opérateurs privés (concessions) et d’intégration régionale des marchés de l’électricité, il s’agira d’examiner les caractéristiques du modèle hybride qui se construit autour de la Senelec, les arrangements institutionnels et économiques sur lesquels il repose et les tensions qu’il soulève.
L’analyse privilégiera le segment de la production d’électricité, en s’intéressant à l’évolution de l’organisation industrielle du secteur, à la répartition des capacités entre Senelec et les producteurs indépendants, ainsi qu’aux modalités de financement et de contractualisation qui organisent leurs relations. Une attention particulière sera portée aux enjeux de financement des infrastructures, aux contraintes économiques et politiques qui pèsent sur les acteurs, ainsi qu'aux conditions de viabilité de cette organisation industrielle et à ses implications pour la capacité de la Senelec à coordonner et à orienter le développement de la filière.
Le ou la stagiaire sera amené.e à réaliser une analyse thématique des entretiens menés par l’équipe de recherche auprès des acteurs institutionnels et privés du secteur électrique sénégalais. À partir d’un codage thématique réalisé à l’aide du logiciel QualCoder, puis d’une analyse transversale des extraits codés, il s’agira de caractériser les évolutions qui structurent l’organisation de la filière, les relations entre opérateurs publics et privés, ainsi que les enjeux et tensions identifiés par les acteurs.
Parallèlement, le ou la stagiaire mènera une analyse documentaire à partir des documents produits par les institutions publiques sénégalaises, les bailleurs de fonds, les experts, la Senelec et les opérateurs privés. Ce travail visera à documenter les différents modèles économiques et organisationnels de production, ainsi que les modalités de financement des investissements et les contraintes associées à leur mise en œuvre. Il pourra être complété par des échanges avec la Direction générale des études de Senelec afin de préciser certains enjeux et d'accéder, dans la mesure du possible, à des données complémentaires.
Une recherche bibliographique académique ciblée sera également menée sur les transformations des industries électriques, les modèles économiques des opérateurs historiques et les formes d'hybridation entre intégration verticale et participation d'opérateurs privés. Elle pourra être prolongée par l'étude de certaines expériences nationales en Afrique de l'Ouest, afin d'identifier des configurations organisationnelles alternatives et les difficultés rencontrées dans leur mise en œuvre.
Enfin, le ou la stagiaire contribuera à la production d'une synthèse analytique intermédiaire, croisant les matériaux issus des entretiens, de l'analyse documentaire et des travaux académiques. Cette synthèse visera à caractériser le modèle économique et organisationnel de Senelec, à identifier ses principales tensions et contraintes, et à dégager les enjeux associés à ses évolutions possibles. Elle permettra également de préciser les questions à approfondir et de contribuer à la préparation d'une nouvelle phase d'enquête de terrain.
Profil recherché
Le stage s’adresse aux étudiant·es de Master 2 en économie (économie industrielle, économie institutionnaliste, économie politique, économie du développement) ou en gestion, ainsi qu’aux élèves ingénieur·es spécialisé·es dans les domaines de l’énergie.
Les compétences méthodologiques attendues incluent une capacité à analyser des données et documents économiques, institutionnels et financiers, ainsi qu’un intérêt pour les méthodes qualitatives, notamment l’analyse d’entretiens. Une familiarité avec les problématiques de financement des infrastructures et les secteurs énergétiques africains constituerait un atout.
Le ou la stagiaire devra faire preuve d’autonomie, de rigueur et d’un bon esprit d’analyse, ainsi que d’une capacité à travailler en équipe et à rédiger des notes analytiques claires et structurées.
Conditions pratiques
Le stage débutera dès que possible (nov-dec) et se déroulera sur une période de 4 à 6 mois, selon les contraintes du master, avec possibilité d’un temps partiel selon les périodes. Il sera basé à PACTE (Sciences Po Grenoble), avec une possibilité de télétravail partiel. L’encadrement sera assuré par Pascale Trompette (PACTE), Olivier Boissin (CREG) et Antoine Mazas (PACTE).
Le stagiaire participera aux activités de séminaire et workshop de l’ANR MARSE.
Gratification
- Taux horaire minimal : 4,50 € net / brut par heure de présence effective.
- Temps plein (151,67 heures par mois) : Environ 682,52 € par mois
Modalités de candidature
Les candidat·es devront envoyer un dossier composé d’un CV mettant en avant leurs compétences méthodologiques, d’une lettre de motivation expliquant leur intérêt pour les missions proposées, ainsi que d’un exemple de travail (mémoire ou rapport). Les relevés de notes de M1, s’ils sont disponibles, pourront également être joints.
Les dossiers devront être envoyés en format PDF à l’adresse suivante : pascale.trompette
univ-grenoble-alpes.fr (pascale[dot]trompette[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr) ; olivier.boissin
grenoble-inp.fr (olivier[dot]boissin[at]grenoble-inp[dot]fr) ; antoine.mazas
univ-grenoble-alpes.fr (antoine[dot]mazas[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr) avec pour objet « Stage M2 – Filière Energie – MARSE ».
La date limite de candidature est le : 6/11/2026
Des auditions seront organisées la semaine du 9/11 ou 16/11/2026.
Date
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