Aller au contenu principal

Onglets principaux

ELSA GUILLALOT

Maître de conférences (Université Grenoble Alpes)

Justice sociale

Profile picture for user guillale

Coordonnées

Bâtiment : IEP

Bureau : 56

elsa.guillalot@sciencespo-grenoble.fr

Après une thèse de Science Politique, réalisée dans le champ de l’histoire politique et sociale des idées, mes recherches se sont orientées vers l’analyse des politiques sociales contemporaines.

En étudiant différentes politiques sectorielles (les politiques de lutte contre les inégalités scolaires, les politiques de lutte contre les discriminations, celles de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, ou l’action sociale), il s’agit moins d’analyser la situation des publics visés ou les dispositifs d’action publique, que d’interroger les processus à travers lesquels les acteurs en présence se pensent et interagissent dans des cadres mentaux collectifs contraignants.

La compréhension des mécanismes de production des politiques sociales, de leurs limites ou des résistances à leur mise en œuvre, passe alors par une attention particulière portée aux imaginaires collectifs, aux mythologies politiques et aux représentations sociales, s’inscrivant dans une histoire des idées, et singulièrement dans l’histoire de l’idée d’égalité.  La dialectique Egalité/inégalités se recompose en effet sans cesse, singulièrement depuis les années 1990, et contribue à redéfinir les rapports sociaux et les perceptions de ce qui est « juste » ou « injuste ». Mes recherches peuvent ainsi se lire selon deux axes d’analyse complémentaires :

  • Catégories de l’action publique et acteurs

Cette première approche s’intéresse à l’analyse des processus d’élaboration des politiques sociales, à l’exploration des logiques de construction des institutions au sens anthropologique, et à la compréhension des rapports des individus (acteurs, agents…) à ces mêmes institutions (Buton et Mariot, 2009). Dans ce cadre, une attention particulière est portée aux mécanismes de catégorisation des publics et de l’action publique. De manière à la fois théorique et empirique, il s’agit d’investir pleinement l’approche relationnelle qui priorise l’observation des phénomènes d’interaction, voire de négociation, entre des individus, des groupes sociaux et l’Etat, en postulant que l’action publique est moins le fruit d’une relation unidirectionnelle, d’une imposition de l’État vers la société civile, que le résultat d’effets de composition et de transactions complexes qui traversent l’ensemble des strates sociales. Qu’il s’agisse alors d’étudier les processus d’appropriation des réformes scolaires ou la mise en œuvre de politiques de lutte contre les discriminations, l’objectif est de comprendre dans quelle mesure l’action publique est la résultante d’une co-construction, produite par des acteurs dont les propriétés, les représentations et les ressources sont à interroger. Coalisés au sein de réseaux d’action publique (Policy network), ces derniers participent en effet de la formation d’une configuration relationnelle où acteurs privés et acteurs publics évoluent dans des sphères poreuses. Ils partagent des catégories d’entendement, des pratiques qui s’échangent et façonnent une action qui met au centre de sa rhétorique des référentiels plus ou moins partagés.

  • Histoire politique et sociale de l’idée d’égalité

Ce second axe de recherche tend à prendre au sérieux la dimension temporelle des politiques sociales, les « prisons de longue durée » (Braudel, 1958) qui s’érigent comme une mise en question de la perception d’une évolution continue des idées et des dispositifs. Dans une perspective qui renonce à une vision généalogique et qui privilégie la logique d’une perpétuelle redéfinition, il s’agit de restituer les formes de contingences de l’ordre social, et leurs liens avec les idées et la dimension idéologique. Dans le modèle républicain français en effet, cadre principal des recherches menées, les notions de citoyenneté et d’égalité sont intimement liées et constituent à la fois un cadre juridique contraignant et un horizon politique indépassable, même s’il se recompose. Il est alors intéressant de questionner les inégalités sociales, les formes de stigmates (celles qui sont reconnues comme celles qui sont invisibilisées), les formes d’adhésion ou de résistances aux dispositifs, à la lumière de la dimension collective des idées et des effets de cette dimension collective sur les parcours individuels. De l’égalité des conditions à l’égalité des chances, de l’égalité des droits à la reconnaissance des différences, il s’agit en d’autres termes d’analyser le temps présent à travers les lieux de production, la structuration et la circulation des idées politiques et sociales, comme réalités agissantes et contraignantes. Appliqué aux politiques publiques du vieillissement, aux politiques Jeunesse ou aux politiques éducatives, ceci autorise une analyse renouvelée des transformations et des remaniements du sens des pensées collectives, des représentations sociales et des idéologies.

  • Choix méthodologiques

Dans une perspective résolument qualitative et compréhensive, les recherches entreprises s’inscrivent volontairement dans une perspective pluridisciplinaire, au croisement de la science politique, de la sociologie et de l’histoire, et cela depuis le travail de thèse. 

Disciplines scientifiques

Discipline(s) scientifique(s)

MCF Science Politique

Qualifications :

- Science Politique

- Sociologie

Enseignement

Responsable pédagogique de filière BUT Animation sociale et socioculturelle (3 ans) IUT2 Carrières sociales : depuis 2010

Avec Hélène Caune, co-Responsable pédagogique Master Villes, Territoires et Solidarités, années 1 et 2, Institut d’Etudes Politiques de Grenoble : depuis 2013

Les thématiques d'enseignement, quel que soit le niveau de formation (DUT/BUT, Licences, Masters) concernent trois champs privilégiés :

  1. Les cours relatifs aux politiques publiques en général et aux politiques sociales en particulier. Il s’agit alors de mettre en lumière et d’analyser tout à la fois les dynamiques à l’œuvre dans la recomposition des principes de l’action publique, de l’Etat Providence au New Public Management, la diversité et la complexité des jeux d’acteurs en présence (qu’ils soient publics ou privés, à l’échelon national, local ou international), tout en restant attentif à l’importance des imaginaires sociaux et à la dimension culturelle dans la dynamique de construction des liens politiques et sociaux.
  2. Les cours relatifs aux politiques sectorielles (politiques éducatives, politiques culturelles, politiques de lutte contre l'exclusion, politiques immigration, etc...) et à l'histoire politique et sociale des idées

  3. Les cours relatifs à la méthodologie de recherche en sciences sociales, qui visent, de l’initiation à la préparation de projets de thèse, à coconstruire avec des étudiants des objets de recherche qui interrogent la question sociale sous ses aspects les plus divers.

Publié le 13 février 2024

Mis à jour le 15 mai 2024