THOMAS REVERDY

Maître de Conférences
Portrait de reverdth
Affiliation : 
Grenoble INP
Statut : 
Maître de conférences
HDR
Habilité(e) à diriger des recherches
Permanent.e
Domaines de recherche : 
sociologie des organisations
Sociologie économique
Équipe de recherche : 

Onglet(s)

Présentation

Sociologie économique : la régulation de la concurrence à l’épreuve des enjeux sociétaux

La production et les échanges de biens et de services sont soumis aujourd’hui au régime de la concurrence et de l’intégration européenne. La théorie économique néoclassique a pris une place croissante dans la régulation de la concurrence au niveau européen, et s’affirme contre l’intention des autorités politiques de développer des politiques industrielles nationales. L’action de la Commission Européenne en matière de lutte contre les « aides d’Etat illégales » en est une bonne illustration.

En prenant l’exemple du secteur de l’énergie, notre programme de recherche s’intéresse à la construction et la négociation des « exceptions » et des « ajustements » de ce régime de concurrence. La thèse que nous défendons est que la politique n’a pas disparu de la régulation des marchés, elle s’est déplacée dans de nouveaux espaces de confrontation et a adopté de nouvelles modalités de légitimation. Les autorités politiques ont besoin de caractériser les situations problématiques en termes de « défaillances de marché » de façon à justifier leurs interventions. Leurs critiques portent désormais sur l’organisation concrète des marchés et non sur « le marché ». Les autorités politiques tirent bénéfice des controverses pour introduire d’autres objectifs que l’efficacité économique au sens strict, y compris des objectifs de répartition des revenus entre acteurs économiques. 

Le travail et son organisation : quelle prise en compte dans la conduite des projets industriels ?

Ce programme de recherche a pour objectif d'examiner comment les incertitudes concernant les activités de travail sont prises en charge tout au long de projets marqués à la fois par des nouvelles technologies ou de nouveaux procédés, par de fortes contraintes temporelles (délais contractuels, durée d'indisponibilité) et par de fortes exigences de prévention (risque environnemental, risque industriel, risque accidentel). Il s'agit d'évaluer les capacités d'anticipation des activités de travail, lors des étapes de conception de nouveaux équipements industriels ou de systèmes d’information, de comprendre comment les concepteurs et les membres des équipes projets peuvent prendre en considération la variabilité des tâches et la complexité sociotechnique des univers de travail, soit des phases de réalisation (chantiers de maintenance), soit des situations d’appropriation et de fiabilisation après déploiement. L'analyse du travail dans le contexte de projets réalisés ou en cours peut constituer des retours d'expérience et alimenter l'analyse de risque des nouveaux projets. Une attention particulière est accordée aux transformations technologiques contribuant à refaçonner les activités de production/maintenance, autour de la notion médiatisée d’ « usine du futur » ou d’ « industrie 4.0 », en particulier le développement des interfaces numériques et des technologies portées, et l’intensification des capacités de calcul et de l’automatisation avec l’intelligence artificielle. 

Relations partenariales : collaboration versus concurrence

Ce programme de recherche s’intéresse à la tension entre la stratégie de mise en concurrence et les pratiques de collaboration dans les partenariats industriels et de recherche, et dans des relations économiques plus ordinaires. On entend par mise en concurrence la recherche systématique d’alternatives aux relations existantes, de façon à améliorer sa position par rapport à ses partenaires existants ou à identifier de meilleures opportunités. La collaboration cherche au contraire le développement des synergies techniques et organisationnelles.

Après avoir étudié la montée en puissance de la fonction achat dans l’industrie, nous nous sommes intéressés, avec la thèse de Laetitia Wicker, à la création d’une fonction commerciale dans les instituts de recherche, dont le principal objectif est d’élargir les relations à de nouveaux partenaires industriels. Avec la thèse de Sarah Thiriot, il s’agit de comprendre comment la structure atomisée du secteur de la construction empêche les projets de rénovation d’atteindre les objectifs de performance environnementale et énergétique identifiés au départ.