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Séminaires et ateliers / Régulations, Villes et territoires, Énergie
Le 26 mai 2026
Institut d'Urbanisme et de Géographie Alpine - Salle des actes
Avec Claire Le Renard (LATTS, ENPC | IPP, CNRS, Université Gustave Eiffel)
En première partie « jeune recherche », nous aurons le plaisir d’écouter Laetitia Balaresque (équipes Environnements & Justice sociale) qui nous présentera ses travaux de thèse.
Puis nous recevrons Claire Le Renard (LATTS, ENPC | IPP, CNRS, Université Gustave Eiffel) avec sa présentation intitulée « À quelles conditions réduire la consommation d’énergie domestique ? Le plan de 2022-23 comme une forme de « sobriété énergétique de masse » » dont voici un descriptif :
La crise énergétique de l’hiver 2022-23, avec ses appels à la « sobriété », a eu des effets mesurables et durables sur la consommation énergétique des ménages : une diminution de l’ordre de 10 % a été constatée. Dans d’autres pays d’Europe, les prix de l’énergie en régime de crise ont fortement contraint la consommation (Jaeger-Erben et al., 2025) , alors qu’en France, le « bouclier tarifaire » sur les énergies et le « chèque énergie » pour les plus vulnérables ont amorti une part de la hausse. La participation aux pratiques de « sobriété énergétique » prescrites a ainsi été, pour partie, choisie et valorisée de manière positive. Comment comprendre ce moment d’entrée à grande échelle dans une pratique soustractive domestique concernant la consommation énergétique ?
À partir d’une analyse secondaire d’entretiens semi-directifs menés avec des ménages au printemps 2023, ainsi que d’une analyse de la communication gouvernementale et publique autour du plan de sobriété, l’analyse examine les qualités positives attachées à une moindre utilisation du chauffage ou de l’eau chaude sanitaire.
La réduction du chauffage s’inscrit dans une communauté de pratique, au fil des discussions avec les amis et au sein de la famille élargie. Cette pratique soustractive peut réactiver une norme ancienne ou s’ancrer dans le passé avec des récits de prise de conscience préalables, d’expériences liées à des moments de vie, ou à l’héritage familial. La dimension collective a été déterminante pour la valorisation de l’effort, dans un contexte de mise en scène de l’exemplarité du gouvernement et d’une absence notable de discours dissonants ou de politisation. Notre enquête permet ainsi d’aborder les ressorts d’une forme de « sobriété énergétique de masse », adoptée par des publics qui ne sont ni particulièrement précaires, ni particulièrement écologistes - nombre d’entre eux étant même critiques des politiques écologiques.
Claire Le Renard est chargée de recherche au LATTS, Laboratoire Techniques, territoires, sociétés (École nationale des Ponts et chaussées | IPP, CNRS, Université Gustave Eiffel). Sa recherche en sociologie et sciences politiques analyse la question du changement sociotechnique dans le secteur de l’énergie, sous contrainte environnementale. Elle étudie les processus qui permettent de « défaire, faire moins ou faire avec moins » : les politiques récentes de sobriété énergétique, ou les décisions de repli d’un type de nucléaire bien spécifique dans les années 1990. Elle a soutenu en 2021 une thèse intitulée « Le prototype défait. Superphénix, des glissements de la promesse technoscientifique aux épreuves de la "démocratie technique"», lauréate d’un prix de thèse (Université Paris-Est). Ses publications sont rassemblées sur la page : https://cv.hal.science/claire-le-renard. Claire Le Renard a une formation initiale d’ingénieure en environnement (École Polytechnique puis École Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts) et a travaillé comme ingénieure puis comme sociologue à EDF R&D jusqu’en 2023. Elle enseigne dans plusieurs écoles d’ingénieurs de l’Institut Polytechnique de Paris et à Sciences Po Rennes.
Date
14h-16h
Localisation
Institut d'Urbanisme et de Géographie Alpine - Salle des actes
Cycle de séminaire
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